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Pourquoi le bien-être au travail des managers influence la performance des équipes

Rédigé par Fanny Delacauw | 3/08/26 07:45

Dans les organisations, le rôle du manager est souvent associé à la prise de décision, à la responsabilité et à la performance. Pourtant, une dimension essentielle de ce rôle reste parfois sous-estimée : le bien-être au travail des dirigeants eux-mêmes.

Diriger une équipe implique de gérer simultanément des objectifs stratégiques, des transformations organisationnelles et les attentes des collaborateurs. Cette pression constante peut exposer les managers à des niveaux élevés de stress et de surcharge mentale.

Dans ce contexte, préserver son équilibre personnel n’est plus seulement une question individuelle. Les recherches montrent que la santé mentale au travail des leaders influence directement le climat de travail, la motivation des équipes et la performance de l’organisation.

Les managers particulièrement exposés au stress professionnel

Les fonctions managériales comportent de nombreuses sources de pression. Les dirigeants doivent souvent faire face à des attentes multiples, parfois contradictoires.

Parmi les facteurs qui contribuent à la gestion du stress au travail chez les managers, on retrouve notamment :

  • La responsabilité des décisions stratégiques ;
  • La pression des résultats et de la performance ;
  • La gestion des conflits ou des tensions dans les équipes ;
  • La charge mentale liée aux transformations organisationnelles ;
  • L’isolement parfois associé aux fonctions de direction.

Ces éléments peuvent fragiliser l’équilibre psychologique des dirigeants. Dans certains cas, ils peuvent également conduire à des comportements à risque visant à relâcher la pression.

Dans ce contexte, développer des pratiques permettant de préserver son énergie devient une compétence essentielle du management.

Prendre soin de soi : une compétence clé du leadership moderne

Le concept de self-care, ou « prendre soin de soi », est de plus en plus présent dans les réflexions sur le management.

Selon la professeure de management Cécile Dejoux, cette approche consiste notamment à repenser la manière dont les dirigeants investissent leur énergie dans leur travail.

Prendre soin de soi implique évidemment certaines pratiques connues :

  • Maintenir un sommeil suffisant ;
  • Adopter une alimentation équilibrée ;
  • Pratiquer une activité physique ;
  • Intégrer des moments de récupération dans son emploi du temps.

Cependant, cette approche ne se limite pas à l’hygiène de vie. Elle implique également une capacité à gérer ses émotions et à préserver son équilibre mental.

Les émotions du leader influencent son efficacité

Les recherches en psychologie organisationnelle montrent que les émotions jouent un rôle important dans la manière dont les leaders exercent leur fonction.

Les travaux du chercheur Cameron (2008) ont mis en évidence un lien étroit entre les états émotionnels et les réactions physiologiques.

Par exemple, un état émotionnel positif, comme la gratitude ou la sérénité, est associé à un rythme cardiaque plus stable que des émotions négatives comme la frustration ou la colère.

Ces résultats soulignent l’importance pour les dirigeants de reconnaître, analyser et réguler leurs émotions.

Dans un environnement professionnel incertain et complexe, cette capacité constitue une compétence essentielle pour maintenir un leadership équilibré.

Cinq pratiques pour renforcer l’efficacité des leaders

Le spécialiste du leadership Joep De Jong identifie plusieurs pratiques permettant aux dirigeants de développer un style de management plus durable.

  • Reconnaître la valeur des autres points de vue : Un leader efficace accepte que son point de vue ne soit pas le seul valable. En valorisant la diversité des perspectives, il favorise des décisions plus pertinentes et une meilleure coopération.

  • Développer le courage managérial : Le courage consiste à impliquer les collaborateurs dans la réflexion et à encourager la cocréation de solutions, même lorsque celles-ci peuvent remettre en question certaines habitudes.

  • Cultiver l’humilité : Le leadership ne repose plus uniquement sur la détention du savoir. Aujourd’hui, partager les responsabilités et valoriser les compétences de l’équipe renforce la performance collective.

  • Mettre en place une discipline personnelle : Certaines pratiques permettent de clarifier les priorités et de se concentrer sur l’essentiel : temps de réflexion, moments de déconnexion ou exercices de recentrage.

  • Encourager la réflexion stratégique : Le rôle du leader ne se limite pas à agir. Il consiste aussi à prendre du recul pour analyser ce qui se passe dans l’organisation et comprendre les évolutions de son environnement.

L’influence du leader sur le climat de travail

Les recherches montrent que les comportements et l’état d’esprit des dirigeants influencent fortement l’ambiance au sein des équipes.

Un leadership positif contribue à créer un environnement caractérisé par :

  • Un climat de confiance ;
  • Des attitudes optimistes ;
  • Un sentiment d’engagement plus fort chez les collaborateurs.

À l’inverse, un climat dominé par le stress ou la méfiance peut affaiblir la motivation des équipes et réduire leur efficacité.

Les travaux de Robson sur des organisations en transformation illustrent ce phénomène :

  • Les entreprises les moins performantes présentent un ratio de communication négative de 1 pour 4 : pour chaque élément positif évoqué, quatre éléments négatifs sont mentionnés.
  • À l’inverse, les organisations qui réussissent leurs transformations adoptent une communication beaucoup plus constructive, avec quatre éléments positifs pour un élément négatif.

Cette dynamique montre à quel point l’attitude du leader influence la perception et l’engagement des collaborateurs.

Développer la capacité d’introspection des dirigeants

Pour améliorer leur efficacité, les dirigeants peuvent également bénéficier d’espaces d’accompagnement. Le coaching professionnel ou le mentorat permet aux leaders :

  • D’explorer leurs réactions face au stress ;
  • D’analyser leurs états émotionnels ;
  • De renforcer leur authenticité dans leur rôle ;
  • D’apprendre à gérer des situations complexes.

Grâce à des exercices d’introspection ou à l’analyse de situations concrètes, les dirigeants peuvent mieux comprendre leur fonctionnement et adapter leur style de management.

Au-delà du développement personnel du leader, certaines pratiques collectives peuvent renforcer la qualité des relations au sein de l’organisation. Le développement de l’intelligence collective, associé à une attention particulière portée aux relations individuelles entre le manager et les membres de son équipe, permet de renforcer ce que certains appellent le “team care”.

Cette approche vise notamment à :

  • Valoriser les talents de chacun ;
  • Reconnaître les différences ;
  • Encourager la coopération ;
  • Favoriser une énergie positive au sein des équipes.

Le bien-être des dirigeants au cœur du leadership de demain

Les organisations évoluent dans un environnement de plus en plus complexe et incertain. Dans ce contexte, le leadership ne peut plus se limiter à la gestion des résultats.

Les études montrent que les dirigeants qui prennent soin d’eux-mêmes et adoptent des pratiques managériales positives favorisent un engagement plus élevé des collaborateurs et une plus grande satisfaction au travail.

Autrement dit, préserver son équilibre personnel n’est pas seulement bénéfique pour le leader lui-même. C’est également un facteur déterminant pour construire des organisations plus performantes et plus durables.

Vous aimeriez mieux comprendre les enjeux de votre propre bien-être et de votre santé psychologique dans l’exercice de votre rôle de manager ?

 

Source : https://www.forbes.fr/management/prendre-soin-de-soi-pour-diriger-le-role-crucial-du-self-care-pour-batir-une-organisation-saine-et-performante/