Les fonctions managériales comportent de nombreuses sources de pression. Les dirigeants doivent souvent faire face à des attentes multiples, parfois contradictoires.
Parmi les facteurs qui contribuent à la gestion du stress au travail chez les managers, on retrouve notamment :
Ces éléments peuvent fragiliser l’équilibre psychologique des dirigeants. Dans certains cas, ils peuvent également conduire à des comportements à risque visant à relâcher la pression.
Dans ce contexte, développer des pratiques permettant de préserver son énergie devient une compétence essentielle du management.
Le concept de self-care, ou « prendre soin de soi », est de plus en plus présent dans les réflexions sur le management.
Selon la professeure de management Cécile Dejoux, cette approche consiste notamment à repenser la manière dont les dirigeants investissent leur énergie dans leur travail.
Prendre soin de soi implique évidemment certaines pratiques connues :
Cependant, cette approche ne se limite pas à l’hygiène de vie. Elle implique également une capacité à gérer ses émotions et à préserver son équilibre mental.
Les recherches en psychologie organisationnelle montrent que les émotions jouent un rôle important dans la manière dont les leaders exercent leur fonction.
Les travaux du chercheur Cameron (2008) ont mis en évidence un lien étroit entre les états émotionnels et les réactions physiologiques.
Par exemple, un état émotionnel positif, comme la gratitude ou la sérénité, est associé à un rythme cardiaque plus stable que des émotions négatives comme la frustration ou la colère.
Ces résultats soulignent l’importance pour les dirigeants de reconnaître, analyser et réguler leurs émotions.
Dans un environnement professionnel incertain et complexe, cette capacité constitue une compétence essentielle pour maintenir un leadership équilibré.
Le spécialiste du leadership Joep De Jong identifie plusieurs pratiques permettant aux dirigeants de développer un style de management plus durable.
Les recherches montrent que les comportements et l’état d’esprit des dirigeants influencent fortement l’ambiance au sein des équipes.
Un leadership positif contribue à créer un environnement caractérisé par :
À l’inverse, un climat dominé par le stress ou la méfiance peut affaiblir la motivation des équipes et réduire leur efficacité.
Les travaux de Robson sur des organisations en transformation illustrent ce phénomène :
Cette dynamique montre à quel point l’attitude du leader influence la perception et l’engagement des collaborateurs.
Pour améliorer leur efficacité, les dirigeants peuvent également bénéficier d’espaces d’accompagnement. Le coaching professionnel ou le mentorat permet aux leaders :
Grâce à des exercices d’introspection ou à l’analyse de situations concrètes, les dirigeants peuvent mieux comprendre leur fonctionnement et adapter leur style de management.
Au-delà du développement personnel du leader, certaines pratiques collectives peuvent renforcer la qualité des relations au sein de l’organisation. Le développement de l’intelligence collective, associé à une attention particulière portée aux relations individuelles entre le manager et les membres de son équipe, permet de renforcer ce que certains appellent le “team care”.
Cette approche vise notamment à :
Les organisations évoluent dans un environnement de plus en plus complexe et incertain. Dans ce contexte, le leadership ne peut plus se limiter à la gestion des résultats.
Les études montrent que les dirigeants qui prennent soin d’eux-mêmes et adoptent des pratiques managériales positives favorisent un engagement plus élevé des collaborateurs et une plus grande satisfaction au travail.
Autrement dit, préserver son équilibre personnel n’est pas seulement bénéfique pour le leader lui-même. C’est également un facteur déterminant pour construire des organisations plus performantes et plus durables.
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